mercredi 31 décembre 2014

pour un dernier jour



Il y a eu la petite maladie d’octobre, elle fut suivie d’une grande lassitude. Il y a eu quelques heures de lecture et d’errance avec patrick modiano (et le doux plaisir de cette heure-là, doux et un peu douloureux tellement on voudrait l’aider). Il y a eu, à l’automne, des smoothies à la poire et à la figue, les soupes de potimarron de f. parfois au gingembre, parfois à la poire ou à la pomme, le chou fleur s’est cuisiné en gratin un poil plus raffiné qu’à la béchamel. Il y a eu peu de films et des romans dont la lecture s’est arrêtée en cours, plus envie de vide que de mots, peut-être.
Il y a eu la Bretagne, la vraie, avec les huîtres, les crêpes, la mer verte, dans sa belle couleur d’hiver, le vent et les amis,  qu’on se dit toujours qu’on voit trop peu, ce qui nous rend un peu triste au moment du départ.
Il y a eu du vent et de la lumière très claire, un doux été jusqu’au milieu de l’automne, mais aussi des petites bruines qui rendent la terre boueuse, celle qui s’accroche à la semelle des chaussures. Et il ne faut pas mettre de boue sur le sol tout neuf de la cabane. Alors, il y a eu une journée de déménagement de beaucoup de livres du haut (de la maison) vers le bas (du jardin), pendant laquelle je ne crois pas avoir jamais autant enlevé et remis mes chaussures (en ne cessant d’admirer la patience d’ange des japonais). Il y a toujours une toux qui ne veut pas s’en aller, des heures de travail sans que le téléphone ne sonne, de la place dans le parking le matin, le plaisir, après le dîner de s’enfoncer dans le canapé, bataillant un bout de plaid avec émile, pour regarder Olive Kitteridge ou Alison Lockhart, en grignotant quelques chocolats, car c’est de saison. La tisane s’appelle au clair de lune même si le temps, souvent, n’est pas du tout assez clair pour qu’on puisse l’admirer. Noël nous a apporté des heures de musique et de visionnage de films, des choses très pointues et d’autres plus légères, de quoi être gai et triste, selon les envies du moment. Maintenant, nous attendons sereinement l’année nouvelle, comme il est dit ici : « A présent je suis très calme. Il m’est possible de voir un peu plus loin. Je vois que ce n’est pas la fin. Tout continue. Depuis ce matin, j’ai la certitude que Bella attend un veau».

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