samedi 17 mars 2012

Vieux et jeunes, dansez


Je me souviens du jour où j’ai vu Kontakthof avec mon père. Il avait soixante quinze ans et ses jambes étaient fatiguées, elles avaient décidé qu’elles ne le porteraient plus très longtemps. Sûrement, en avaient-elles fait assez. Mais les jambes des danseurs, elles, allaient bon train. Et le sourire de mon père aussi. Certains danseurs avaient son âge ; ils courraient, valsaient sur scène, questionnaient leur corps d’homme et de femme, vieillissant et séduisant, se séduisant.
Je me souviens qu’il voulait que le spectacle tourne dans les maisons de retraites afin que les vieux retrouvent le sourire, que leurs plaintes se calment.
Tout de même, à la sortie de la salle de spectacle, trois ambulances, au cas où …
Après, seule, au cinéma, j’ai vu de très jeunes gens, à ce même point de contact, faire l’apprentissage de leur corps, de ce qu’il saura exprimer en bougeant. Au théâtre, j’avais souri, au cinéma, j’ai pleuré. Mais les deux, c’était beau.

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