mercredi 4 avril 2012

deux grammes de sel

 
Je me souviens avoir porté en douce, à l’hôpital, trois huîtres et du vin blanc, à mon père, un dimanche matin. Ce n’est pas qu’il n’avait pas le droit, mais c’était plus drôle sans demander, faire comme si c’était interdit. C’était une période où il y avait une fin de non-recevoir hospitalière à son appel désespéré d’avoir un peu de sel dans ses aliments. Il a fait une grève de la faim, trois jours. Il a gagné et pris un malin plaisir à manger son premier repas, des carottes, sans ouvrir le petit paquet de deux grammes posés à côté de son assiette. Ca s’appelle très clairement une tête de mule ! Je me souviens que j’étais inquiète, énervée de tout ça, qu’aucun des deux ne veuille céder, et aussi admirative de tant de volonté à circonscrire son lieu de pouvoir, si petit soit-il, à l’hôpital. Je me souviens que je me disais que cette volonté, génétiquement, elle devait bien être quelque part en moi.
Et aussi cette éternelle bonne humeur quand la douleur donne du répit. Mais là, f. dit que j’ai encore un peu de travail !

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