mardi 15 janvier 2013

les à-côtés

 
Je me souviens avoir vu une pièce de théâtre et, bien que connaissant le texte, avoir eu du mal à comprendre cet acteur japonais qui parlait français. Je me souviens que longtemps après, je me souvenais des belles chaussures que portait l’actrice. Mais aujourd’hui, je ne sais plus à quoi elles ressemblaient ! Je me souviens que nous nous sommes aperçus que cet acteur était une star lorsque des jeunes filles japonaises, en larmes, ont déposé des fleurs somptueuses à ses pieds à la fin de la représentation et qu’il trouvait cela tout à fait normal. Je me souviens que j’ai dit à une amie qui allait voir cette pièce le jour suivant de se munir d’un coussin confortable pour affronter la durée du spectacle. Mais en fait, je me souviens de peu de choses de la représentation elle-même. Je me souviens que les « hors champs » me sont souvent plus présents que les choses elles-mêmes. Ainsi, je me souviens avoir vu  Laurent Terzieff au théâtre, mais de ne pas me souvenir du tout dans quelle pièce cela pouvait être. J’étais au premier rang et lorsqu’il s’est écroulé sur scène ; son rôle le voulait, sa main pendait juste devant moi, il m’aurait suffi d’avancer la mienne pour caresser la sienne. Je me souviens qu’alors, je n’ai plus pensé qu’à cela, sans le faire, oubliant tout le reste. Ce fut un peu la même expérience quand, f. et moi toujours au premier rang, une des danseuses de la troupe s’est mise à courir et sauter seulement habillée de ses voiles transparents. Son absence totale de sous vêtements (pourquoi celle-là seule parmi les autres danseuses ?) nous déconcerta, nous faisant totalement oublier ce que pouvaient bien faire les dix autres danseurs pendant ce temps ! C’est ainsi, je me souviens des détails, des à-côtés, des petites choses. Je me souviens très clairement d’un parfum d’enfance que j’avais retrouvé adulte et fait sentir à ma mère, ça ne lui disait rien du tout.

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